Le courage de dire non... ou l'histoire d'une déchirure !

Le 13 octobre 89 le Comité Directeur de la Convention 89 rencontre le grand Maître à Omonville siège français de l’AMORC. Lors de cette entrevue Jean Pierre JULY, Jacques DEVAUX et Jacques JULY font part de leur préoccupation sur ce qu’ils considèrent être des dérives de l’Association à but non lucratif. Ils demandent des éclaircissements sur un certain nombre de comportements et proposent de réinvestir les 400 000 F d’excédents de la Convention 89 dans une structure pérenne à caractère humanitaire, au sein de l’AMORC, afin de mettre en pratique les enseignements rosicruciens en aidant les plus démunis notamment certains membres de l’organisation. Le Grand Maître prend note des remarques et des préoccupations, il promet de donner des éclaircissements sur Ancien sigle du SETIla gestion financière de l’AMORC et donne son accord sur le principe de la structure humanitaire. Mais l’embellie sera de courte durée. Le 12 novembre suivant, lors de la Convention d’Avignon il a changé d’avis et de ton. Il veut bien investir les bénéfices de la Convention 89 dans un centre culturel à Limoges, mais il n’est plus question de structure à caractère humanitaire. Ainsi conclut-il ces propos.

en affirmant goguenard : " Nous ne sommes pas l’abbé PIERRE ".

Les responsables limougeauds qui espèrent toujours en lui, veulent croire qu’il a une fois de plus été influencé, voire manipulé, reste à savoir par qui ?

La grande "manip"

Il se murmure parmi les proches du fondateur du CIRCES, Raymond BERNARD ancien grand Maître et légat suprême de l’AMORC, que ce dernier a fondé cette organisation dissidente parce qu’il était en désaccord avec les orientations imposées par l’épouse et le proche conseiller (aujourd’hui Grand Maître ) de son fils. Les dirigeants de la région Poitou-Charentes qui veulent garder l’espoir se raccrochent à cette hypothèse et décident de rencontrer le Président du CIRCES. Ils obtiennent, sans difficulté, un rendez-vous pour le 6 décembre 89.

Le jour venu, ils se rendent au siège du CIRCES 22 rue Beaunier, et là dans le somptueux bureau de Raymond BERNARD, joyau de l’immeuble luxueux d’une organisation naissante, ils échangent pendant près de deux heures sur l’histoire et l’avenir du rosicrucianisme. L’ancien dignitaire de l’AMORC confirme toutes les craintes des responsables limougeauds : " le Grand Maître (son fils) n’y est pour rien. C’est une pauvre victime manipulée par sa femme et son proche conseiller, il faut l’aider ". Il ajoute à la confusion de ses hôtes, en leur remettant une pile de lettres de membres américains de la " Hiérarchie Esotérique " (membres ayant atteint le douzième degré des enseignements), qui accusent l’Imperator Gary L. STEWART de malversations financières et de modification des enseignements rosicruciens originaux.

Le Grand Conseiller et les deux Moniteurs Régionaux repartent convaincus qu’il faut réagir, ils ne peuvent pas cautionner de tels agissements dont ils ont sinon les preuves du moins l’intime conviction. Ils décident de réunir, sans plus attendre à Limoges, les membres de la Hiérarchie Esotérique de la région et les Officiers de la Loge de Limoges. Les faits sont exposés, et les membres présents mandatent leur Grand Conseiller pour qu’il contacte le Grand Maître, obtienne de sa part des éclaircissements sur ce qui se passe à San José siège mondial de l’organisation et l’assurent du soutien de la région pour reprendre le contrôle d’une situation qui semble lui échapper.

Jean Pierre JULY va respecter la parole donnée aux membres, mais au fond de lui-même il a la certitude que cette ultime démarche sera vaine.

Le silence complice

Début janvier 90, au cours d’une conversation téléphonique, le Grand Conseiller de Poitou Charentes présente ses vœux au grand maître et cherche à obtenir des réponses aux questions que se posent maintenant de nombreux rosicruciens. En guise d’éclaircissements, Christian BERNARD se refuse à toute discussion sur un sujet qui " ne regarde, affirme-t-il, ni les membres, ni les Grands Conseillers ", il se dit par ailleurs, bien informé des agissements de Gary Stewart mais n’en paraît pas ému le moins du monde en déclarant de façon péremptoire " …C’est lui l’Imperator, cela ne regarde que sa conscience ". Les deux hommes conversent pendant prés d’une heure au téléphone, cet échange qui marque la fin de leur collaboration au service de l’AMORC, ne fera qu’accroître le malaise intérieur de Jean Pierre JULY qui fait part au Grand Maître de sa volonté de démissionner de ses fonctions : " Si pour servir mes idéaux, je dois y renoncer, je préfère abandonner ma fonction de Grand Conseiller " dit-il à Christian BERNARD. Ce dernier ne cherche même pas à l’en dissuader : " c’est ce que tu as de mieux à faire ". Il a compris que le point de non-retour était atteint.


Cette démission (6) est adressée au Grand Maître le 21 janvier 90. Elle intervient au soir d’une réunion régionale qui s’est déroulée dans les locaux de la Loge de Limoges, car le Grand Conseiller a tenu à faire part à l’ensemble des officiers de la région de son désaccord avec les nouvelles orientations de l’AMORC. Ce jour là, sans entrer dans les détails il fustige le mercantilisme et la modification des enseignements originaux dont il a maintenant la preuve. Il annonce sa décision de démissionner de ses fonctions tout en restant membre dans l’espoir de faire évoluer les choses de l’intérieur. Il est soutenu par les trois Moniteurs Régionaux de Poitou Charentes et de nombreux officiers des organismes de la région qui accomplissent la même démarche.

Le pillage des locaux de la loge de Limoges

Les événements vont ensuite se précipiter ; convoqués en assemblée générale par un représentant de la Grande Loge, les membres de la Loge de Limoges refusent de reprendre les fonctions d’officiers avantEST d’avoir une explication avec Christian BERNARD. Ce dernier répond à cette demande de dialogue par l’exclusion inique de tout le Comité Directeur de la Convention 89 par le biais d’une seule et même lettre (7). Cette missive qui révèle tant par le fond que par la forme la bassesse de son auteur est habilement adressée pour information à tous les Grands Conseillers et Moniteurs Régionaux des pays de langue française, dans le but clairement affiché de nuire aux exclus. Les femmes et les enfants de tous les responsables sont également radiés de fait, sans la moindre explication, puisqu’ils cessent de recevoir les enseignements alors qu’ils sont à jour de cotisations. Jean Pierre JULY répond par une lettre ouverte (8)afin que les destinataires " pour information " de la prose infamante de BERNARD prennent connaissance de sa version des faits.


NORDDans les jours qui suivent les anciens responsables de Poitou-Charentes rencontrent les rosicruciens limougeauds pour les remercier de leur soutien moral et leur suggèrent d’en rester là. Les exclus ne revendiquent rien, ils poursuivront individuellement leur quête. Mais les membres de la Loge de Limoges font preuve d’une solidarité sans faille et d’une volonté insoupçonnée jusqu’alors : ils suggèrent de créer une association pour préserver ce qui doit l’être. La fermeture autoritaire du local et la confiscation arbitraire des biens de la Loge (avoirs bancaires et meubles) vont les conforter dans leur projet. En effet, le 5 mars l’AMORC envoie une équipe de " déménageurs " qui sous couvert d’un huissier de justice (Les statuts de toutes les associations locales mentionnent Christian BERNARD comme Président et sa femme comme secrétaire) forcent les portes des locaux de la Loge Cornélius Agrippa et raflent tous les meubles et accessoires, patiemment accumulés par les rosicruciens limougeauds depuis des années. Les membres spoliés de la Loge de Limoges,OUEST écœurés par de tels procédés démissionnent en masse, suivis par de nombreux membres de la région.

Dans cette épreuve, ils décident de rester unis pour poursuivre leur quête rosicrucienne et fondent ensemble le S.E.T.I. qui se fixe pour but la Sauvegarde des Enseignements Traditionnels et Initiatiques.

Le courage de résister et la volonté d'informer

A peine la Loge de limoges est-elle fermée, qu’un nouveau scandale éclate aux Etats Unis. Le 12 avril 1990 Gary STEWART est démis de ces fonctions par le bureau suprême et le fils BERNARD prend le poste dont le père avait probablement rêvé. Il faut dire que la veille Christian BERNARD a convaincu les membres du bureau suprême d’admettre en leur sein les Grands Maîtres de toutes les juridictions dont un grand nombre lui sont redevables. Les raisons invoquées pour cette éviction sont celles dont les dirigeants du S.E.T.I avaient eu connaissance et pour lesquelles ils avaient exigé des explications. Le fils BERNARD a donc réussi le tour de force " dialectique " d’exclure les responsables de la région Poitou-Charentes, parce qu’ils s’interrogeaient sur l’intégrité du principal dirigeant du mouvement, et de débarquer ce même dirigeant en confirmant par la même la légitimité des préoccupations des fondateurs du S.E.T.I. Mais il est vrai qu’on en n’est pas à un paradoxe près dans la famille BERNARD. Les faits tendent à démontrer que le questionnement des responsables de Poitou-Charentes en décembre 89 venait trop tôt et risquait de perturber la stratégie de prise de pouvoir élaborée contre Gary L. STEWART. Ce dernier s’est trouvé, de fait, piégé par la famille BERNARD père, fils & Co. La suite de l’histoire allait le prouver sans que l’on ait encore aujourd’hui la preuve d’une vraie collusion entre père et fils.

Rapidement informés de la destitution de Gary L. STEWART, les dirigeants de la toute nouvelle association S.E.T.I répandent l’information très largement dans le petit monde rosicrucien. Le 1er juin 1990 est diffusé l’article " AUTOCRATIE ECLAIREE ou NEPOTISME AVEUGLE " (9) Il sera le premier d’une longue série de pamphlets et était accompagné de la copie de l’article du " San José Mercury News " (quotidien californien) en date du 18 avril 1990, consacré à l’éviction de Gary L. STEWART et intitulé " Une société secrète aère son linge sale ". Il est important de souligner à nouveau ici que les dirigeants de l’AMORC malgré leur goût immodéré pour les chicanes juridiques n’ont jamais attaqué aucun des pamphlets adressés aux rosicruciens, car ils étaient toujours basés sur des faits authentiques et vérifiés. Malheureusement les membres de cette organisation comme dans la plupart des mouvements de ce type étaient suffisamment conditionnés pour refuser en bloc tout ce qui pouvait remettre en cause les hommes en qui ils avaient une confiance absolue. La brutalité des faits ne terrasse pas, spontanément, la force de nos convictions profondes, cela se vérifie dans tous les domaines.

Comment les dirigeants du S.E.T.I auraient-ils pu leur en vouloir alors qu’eux mêmes avaient mis plusieurs années avant d’accepter la vérité ?

Le S.E.T.I entre dans l'histoire

Au cours de l’année 1991 l’écrivain Gérard GALTIER prend contact avec le Président du S.E.T.I. refletAuteur de plusieurs ouvrages ou articles consacrés à la Rose-Croix, il s’intéresse à la naissance du S.E.T.I. Il a lui-même été membre de l’AMORC durant une très courte période et se passionne pour l’ésotérisme. Ouvert et attentif à l’actualité dans ce domaine, ses penchants humanistes le conduisent à s’intéresser à la création et aux activités du S.E.T.I. Comment a-t-il eu connaissance de l’association limougeaude ? Tout simplement en lisant le N° 130 de la revue " Mouvement Religieux " (10) paru en février 91. Ce bulletin d’information est publié par l’AEIMR Association d’Etudes et d’Information sur les Mouvements Religieux. La rencontre entre le président du S.E.T.I et Gérard GALTIER est fructueuse ; des informations et des documents importants sont échangés, il s’ensuit une considération mutuelle et des relations amicales. Par ailleurs le bulletin " Mouvements Religieux " déposé à la Bibliothèque Nationale sous le numéro de commission paritaire 63963 et qui se fera à plusieurs reprises l’écho du combat pour la Sauvegarde des enseignements Traditionnels et Initiatiques fera entrer le S.E.T.I dans l’histoire de la Rose-Croix.

Le simple fait de rapporter le point de vue de notre organisation dans son combat contre la multinationale de l’ésotérisme servira les intérêts de la Rose-Croix mais montrera aussi l’AMORC sous son vrai jour. Malheureusement, " Mouvements Religieux " a cessé ces dernières années de publier des articles sur le mouvement rosicrucien. On peut supposer, bien que n’en ayant pas la preuve, que l’AEIMR a fait l’objet de pressions de la part de l’AMORC pour ne plus rien publier en provenance du S.E.T.I. Cette supposition découle de l’expérience vécue et des témoignages recueillis ces dernières années, puisque des revues consacrées à l’ésotérisme ont été sommées de ne plus diffuser d’article ou de publicité sur le S.E.T.I ou le Cénacle de la Rose-Croix sous peine de se voir retirer un budget publicitaire négocié ou potentiel.

En tout cas force est de constater que le bulletin de l ‘AEIMR qui a contribué à faire connaître les dérapages de l’AMORC et la naissance du S.E.T.I n’a rien publié depuis un certain " droit de réponse " sur lequel nous reviendrons.

Perquisitions, dissolutions, intimidations

Juillet 91 un nouveau scandale vient éclabousser la renommée de l’AMORC France, plusieurs perquisitions ont lieu au siége de l’organisation et au domicile de ses dirigeants, il est évident que l’enquête évoquée au cours de la Convention 89 par un ancien Grand Conseiller lors de sa rencontre avec Ken O’NEILL a abouti à ce contrôle fiscal de grande ampleur. En tout cas pour les dirigeants du S.E.T.I qui ont gardé des contacts amicaux avec cet ancien membre de l’AMORC il n’y a pas de doute. Publiquement les dirigeants de l’AMORC nient ces perquisitions et assurent être en parfaite conformité avec la législation française et en privé ils accusent les dirigeants du S.E.T.I d’être à l’origine de leurs ennuis. C’est du reste ce qu’ils laisseront entendre aux membres lorsque plusieurs années plus tard ils finiront par avouer leurs ennuis financiers par le biais du bulletin mensuel. En réalité les dirigeants du S.E.T.I n’ont pas été à l’origine des ennuis fiscaux de l’AMORC, ils ont simplement été parfaitement et opportunément informés, contrairement à la plupart des membres de cette association à but non lucratif (loi de 1901). Comme il se l’était fixé pour devoir, le S.E.T.I décide de ne pas laisser ses frères rosicruciens de l’AMORC dans l’ignorance et diffuse en date du 20 juillet 1991 son deuxième pamphlet accompagné des articles de journaux (Le Parisien du 18/07/91 et l’Evénement du jeudi du 8/08/91). Ce pamphlet reprend pour titre une phrase célèbre de François RABELAIS " LE TEMPS MÛRIT TOUTE CHOSE… " (11) et il pose les vraies questions aux membres de l’AMORC qui pouvaient, sans doute à cette époque là, préserver encore l’essentiel en exigeant des réponses de la part des dirigeants de leur association. Mais le courage n’est pas la vertu la mieux partagée sur cette planète et les membres dans leur ensemble préfèreront adopter la politique de l’autruche. Cependant dès ce second message aux membres de l’AMORC, le S.E.T.I prend date pour l’avenir et se pose déjà en authentique défenseur de la tradition Rose-Croix.

Echaudés, par l’expérience limougeaude et la cohésion des membres de Poitou-Charentes, les dirigeants de l’AMORC avaient demandé, dès juin 1990, un audit de l’organisation à un cabinet de renom. Ce dernier ne pouvait que constater de graves manquements à la loi de 1901 et proposa un plan d’actions aux dirigeants non sans avoir rappelé, entre autres évidences, que le versement de salaires à l’un quelconque des administrateurs va à l’encontre du caractère désintéressé de la gestion des organismes à but non lucratif. Par ailleurs il souligna l’absence de démocratie dans les associations locales où les assemblées générales n’existaient pas. Ce dernier point aurait pu, selon le cabinet conseil, aboutir, sur l’initiative de membres actifs dissidents plus entreprenants que les autres, à une remise en cause des décisions du conseil d’administration " familial ". Ces informations ne seront portées à la connaissance des fondateurs du S.E.T.I que beaucoup plus tard et malheureusement les membres de la Loge Cornélius Agrippa de Limoges ignoraient ce point de droit à l’époque de la spoliation de cette association locale par l’AMORC France. De toute façon ils n’auraient jamais imaginé, à ce moment là, que les dirigeants d’une organisation prônant de nobles idéaux et le respect des lois en vigueur, puissent se conduire de la sorte. Ainsi pour éviter que la dissidence limougeaude n’inspire d’autres associations locales, notamment celles qui étaient propriétaires de leurs locaux (les locaux de la Loge de Limoges étaient loués), les dirigeants de l’AMORC vont suivre les conseils des auditeurs qui préconisaient entre autre la dissolution des associations locales, leur patrimoine étant préalablement dévolu à l’AMORC Grande Loge.

D’octobre 91 jusqu'en avril 92, selon le calendrier préconisé par le consultant, les dirigeants de l’AMORC France procèdent à la dissolution de toutes les associations culturelles locales par le moyen de procès verbaux d’assemblées générales qui n’ont jamais eu lieu. Comme le souligne Bernard BLANDRE Président de l’AEIMR, en août 92 dans un article intitulé " AMORC : schisme du S.E.T.I et réorganisation" (M.R. n° 148) (12) , plus d’une centaine de dissolutions furent prononcées durant cette période parfois par " paquet " de dix ou plus. Cependant il était impossible au Président unique de toutes ces associations, Christian BERNARD, d’être présent partout à la fois. "  …Même en Concorde ou en T.G.V… Or un président peut-il être absent d’une assemblée générale convoquée pour prendre une décision aussi importante que la dissolution de l’association et le transfert de ses biens ? " Interroge Bernard BLANDRE. La vérité c’est que les dirigeants, suivant en cela les conseils du consultant, ont cherché à préserver définitivement le patrimoine de l’AMORC, accumulé au fil des années par les membres. Pour ce faire il fallait bien rompre avec le système illégal, mis en place par Raymond BERNARD, qui consistait à nommer à la tête de toutes les associations de France et de Navarre un conseil d’administration unique, à majorité familiale, avec un président nommé à vie. Le tout pour administrer des membres cotisants démunis de pouvoir avec des assemblées générales inexistantes.

Une fois encore le S.E.T.I allait dénoncer cette manœuvre, dans un pamphlet adressé le 16 mars 1992 aux rosicruciens connus de lui et qui avait pour titre " ON PEUT TOUJOURS REFAIRE L’HISTOIRE… " (13). Son but, toujours le même, réveiller la conscience rosicrucienne des membres en posant les bonnes questions : Que cachent ces dissolutions ? Les membres ont-ils été consultés lors d’une assemblée générale ? Ces dissolutions sont-elles légales ? Etc.. En réalité les fondateurs du S.E.T.I connaissaient les réponses à ces questions et les tinrent à la disposition de tous ceux qui souhaitèrent en savoir plus. Etant sûrs de leurs intentions, les dirigeants du S.E.T.I savaient pouvoir compter sur les véritables guides de la Rose-Croix.

A cette même époque Christian BERNARD décida de transférer la Grande loge Suprême de San José Californie berceau historique du mouvement fondé par H. S. LEWIS vers le Canada pays qui, disait-il dans un message adressé aux membres, "…offre sur tous les plans la protection nécessaire au Gouvernement mondial de notre Ordre… ". Il n’y a pas besoin d’être versé dans les arts divinatoires pour comprendre quelle protection est ici évoquée, compte tenu des perquisitions qu’il avait subies au titre de l’AMORC France quelques mois plus tôt. Malgré cette activité internationale importante l’Imperator se tient informé de l’influence grandissante du S.E.T.I et il réagit au dernier pamphlet en écrivant le 20 mai 92 une lettre à tous les signataires (14) de la pétition mentionnée dans ce texte qui étaient encore adhérents de l’AMORC. Ces rosicruciens, anciens membre de la Loge de Limoges et pour certains membres du S.E.T.I, n’avaient pas osé, par fidélité pour les uns ou superstition pour les autres, démissionner de l’AMORC. Cette attitude modérée vis à vis de la " toute puissance amorquienne " ne les avait pas empêchés, tant l’injustice était grande, de refuser la dissolution autoritaire de leur Loge et de soutenir leur ancien Grand Conseiller, dont ils connaissaient l’intégrité, dans le cadre de son éviction arbitraire. Il est à souligner à ce sujet que de notre coté nous n’avons jamais exercé aucune pression sur ceux qui avaient souhaité rester membres de l’AMORC tout en soutenant l’action du S.E.T.I. La technique n’est pas nouvelle, par l’intimidation de ces quelques membres, Christian BERNARD va chercher à tester l’authenticité des documents produits par le S.E.T.I et voir si la délation pourrait lui permettre d’en savoir un peu plus. Il en sera pour ses frais la plupart des destinataires n’apprécieront pas le procédé et le feront savoir. Mais malgré le ton très sec de plusieurs réponses (copie en notre possession), personne ne sera radié. Il est vrai que le but recherché était plutôt de provoquer la peur et par la même les " confidences " et non de se séparer de membres cotisants qui à cette époque commencent à déserter les rangs. Mais le S.E.T.I n’a produit que des documents authentiques, il n’a rien à cacher.

Il va réagir par une lettre signée de son Président (15) et adressée aux destinataires de la missive de BERNARD afin de rétablir la vérité et de démontrer qu’il ne tremble pas devant les intimidations de la multinationale de l’ésotérisme.

La vérité nous rend libres

Voilà deux ans que le S.E.T.I a été créé et l’enthousiasme des premiers adhérents s’essouffle, le comité directeur du S.E.T.I prend progressivement conscience de l’état de dépendance des anciens membres de l’AMORC et la probité exige de reconnaître que malgré le travail important des membres du Conseil de l’éthique le S.E.T.I n’est pas encore prêt pour diffuser son enseignement. Par ailleurs il faut être vigilant et ne rien entreprendre de contestable sur le plan juridique, car les avocats de l’AMORC veillent, nous en aurons bientôt la preuve irréfutable. Mais les événements allaient se précipiter et lever les réserves légitimes des dirigeants du S.E.T.I. A la fin de cette même année 1992, ils entrent en possession de documents très importants en provenance des Etats Unis concernant l’histoire européenne de la Rose-Croix d’une part et l’origine des enseignements mis au point par Harvey Spencer Lewis d’autre part. Par ailleurs le Conseil de l’Ethique du mouvement procède à une analyse comparative poussée des enseignements français de l’AMORC suivant les époques de 1950 conseil(dates des premières traductions françaises des monographies de H. S. LEWIS) aux années 80 (enseignements dénaturés par l’actuel Grand Maître français qui paraphe ces modifications à la fin des Monographies par un S.T. précédant la date). Ils acquièrent ainsi la preuve absolue d’une transformation profonde de la nature du message dispensé, avec notamment ce que l’on peut considérer comme une déchristianisation du contenu. Cette manœuvre, que les dirigeants de l’AMORC nieront dans un premier temps pour la revendiquer par la suite, peut être considérée comme utile voire indispensable en terme de marketing - le message christique ne paie plus - mais elle est scandaleuse au sein d’une organisation qui se prétend traditionnelle et authentique. Personne n’a jamais affirmé et sûrement pas les fondateurs du S.E.T.I que la tradition devait rester figée, au contraire elle vit et le présent doit enrichir le passé au profit des générations futures, mais lorsque pour servir ses convictions personnelles, ou pis ses propres intérêts, on altère le fondement même d’une philosophie en se réclamant d’elle on commet une imposture.

C’est à cette époque que le Conseil de l’éthique du S.E.T.I décide de diffuser l’enseignement transmis par Harvey Spencer LEWIS, sous la forme de communications pour une réflexion individuelle. Parallèlement le Conseil poursuivra ses recherches en France et aux Etats Unis pour s’assurer de la légalité de sa démarche. Un long et minutieux travail d’historien est entrepris à l’aide des très nombreux documents dont le S.E.T.I dispose. Deux ans plus tard le Conseil de l’Ethique acquerra la certitude que les enseignements rosicruciens " œuvre de l’esprit " ne sont pas la propriété de ceux qui le prétendent.

C’est à la fin des années 92 que des rosicruciens américains prennent contact avec les dirigeants du S.E.T.I, ils ont entendu parler du combat des rosicruciens français pour la sauvegarde des enseignements élaborés par H. S. LEWIS et ont décidé de faire de même. Ils ont fondé un mouvement pour servir les idéaux rosicruciens et publient un bulletin " ROSICRUCIAN CHRONICLES ". Sous la plume acérée d’anciens dignitaires de la Grande Loge suprême ou d’anciens collaborateurs de Ralph M. LEWIS, BERNARD fils et son éminence grise TOUSSAINT apparaissent comme les fossoyeurs de l’AMORC. Ces rosicruciens américains dénoncent, comme leurs frères français, " les modifications des enseignements rosicruciens " et les " dérives financières ". Ils vont même plus loin en contestant la légitimité de Christian BERNARD comme Imperator puisqu’il aurait refusé : " de signer l’Affirmation ou (Avertment) (16) rompant ainsi avec la tradition de ses prédécesseurs ". Les quelques mois de collaboration du S.E.T.I avec ces anciens Officiers de la Grande Loge Suprême de l’AMORC permettront aux responsables limougeauds de compléter leurs archives et de rentrer en possession de documents de la plus haute importance sur tous les plans.

Fidèles à nos engagements moraux, nous allons porter à la connaissance des rosicruciens français l’existence de cette dissidence américaine dans un texte, daté du 1er juillet 93 dont le titre reprend une phrase de l’évangile : " LA VERITE NOUS REND LIBRES… " (17) . Ces mots revêtent une signification particulière pour les membres de la Hiérarchie Esotérique (rosicruciens ayant atteint le 12ème degré de l’AMORC). Par ailleurs et à la même date le Président du S.E.T.I adresse aux organismes affiliés de l’AMORC un message signé qui s’intitule " L’Héritage Spirituel de la Lumière " (18) (allusion faite à H.S.L. : Harvey Spencer LEWIS). Ce message est précédé de la mention " A lire à l’Est à la prochaine convocation " selon la formule consacrée pour les textes officiels dans l’Ordre rosicrucien. Il sera d’ailleurs lu dans certains organismes, d’après les témoignages que nous avons recueillis, rendant furieux les dirigeants de l’AMORC et augmentant encore le nombre des exclusions et des démissions.

Renforcés par les épreuves traversées et convaincus de la valeur du message légué par Harvey Spencer LEWIS, les membres du Conseil de l'Ethique du S.E.T.I décident de transmettre cet héritage spirituel à tous ceux qui aspirent à le recevoir. Ils mettent au point les premières " communications pour une réflexion individuelle " et avec ces enseignements, ils vont porter l'imagination au pouvoir et innover encore puisqu'ils annoncent et appliquent " la gratuité, la solidarité et la transparence " soit le contraire de ce qu'ils avaient vu mettre en pratique ces dernières années à la tête de l'AMORC.   

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