G
E
A
.
E
.
C’est sous la rubrique " Histoire comparative des enseignements rosicruciens " que, dès octobre 1991, le Conseil de l’Ethique du SETI relevait avec précision les modifications de fond apportées aux enseignements rosicruciens mis au point par Harvey Spencer LEWIS. Cette altération d’une philosophie dite " traditionnelle " fut la motivation première de la création du SETI puisque le but même de l’association consiste en la " sauvegarde des enseignements issus de la tradition rosicrucienne " (cf. article 2 des statuts du SETI) (25). C’est pourquoi d’abord dans le bulletin " Reflets " puis dans la revue " Imagine ", sous la signature d’ " ICTUS " le Conseil de l’Ethique a entrepris un travail d’historien pour démontrer, en se référant aux propres documents diffusés par l’AMORC à différentes périodes, les censures, voire les altérations, du message initial. Le propos du conseil de l’Ethique n’était pas de comparer la qualité des enseignements dispensés, ni même de dénier aux dirigeants contemporains de cette organisation le droit de compléter l’enseignement en faisant ainsi progresser la tradition rosicrucienne. Mais il s’agissait de dénoncer la manipulation qui consiste à laisser croire aux étudiants rosicruciens qu’ils reçoivent les mêmes monographies que leurs frères aînés. L’analyse exposée dans les différents écrits d’ICTUS met en évidence trois périodes distinctes dans la diffusion des enseignements de l’ordre de la Rose-Croix en France.
Tout d’abord celle des traductions initiales accomplies en très grande partie (selon les dires même de l’AMORC) par le premier Grand Maître français Jeanne GUESDON et diffusées sous une forme ronéotypée juste après la deuxième guerre mondiale. Le Conseil de l’Ethique a pu constater que cette version était très proche de l’original américain mis en forme par Harvey Spencer LEWIS, certaines traductions littérales maladroites le démontrent assez bien. Puis dans les années 70 Raymond BERNARD, ou certains de ses collaborateurs de l’époque, font quelques aménagements tendant à ratisser plus large (monographies signées RB suivi de la date). Il supprime notamment quelques références bibliques ou remplace le terme " Dieu " par " Cosmique ". En apparence, il n’y a pas là de quoi fouetter un chat. Le but est clairement affiché et sera atteint, il faut attirer du monde, or la religion ne fait plus recette durant cette période post " soixante-huitarde ". Il faut noter cependant que les affirmations - l’ " Avertment " (16) - préparées par Ralph M. LEWIS à l'attention de ses successeurs exigent d’eux qu’ils ne suppriment pas le mot Dieu des enseignements rosicruciens. La censure de passages dénonçant une certaine forme de " mercantilisme ésotérique ", démontre assez bien que les copistes ont décidé de faire en sorte, que l’enseignement justifie les pratiques qui commencent à voir le jour à cette époque. Même si les transformations restent habiles et modérées la manipulation a bel et bien commencé à cette époque. Mais sous la direction de Christian BERNARD et surtout au début des années 80 avec l’arrivée à Omonville d’un ancien instituteur du Neubourg, les choses vont s’emballer. A tel point que ce sont des proches de Raymond BERNARD qui alerteront certains officiers de la Grande Loge dont le Grand Conseiller de Poitou-Charentes et c’est Raymond BERNARD en personne qui le lui confirmera en présence de deux Moniteurs Régionaux de Poitou-Charentes le 6 décembre 89 au siège du CIRCES 22 rue Beaunier.
A la lecture des études comparatives réalisées par la suite par le Conseil de l’Ethique du SETI, on se rend compte que les monographies signées S.T., suivi de la date, sont empreintes d’une "déchristianisation" forcenée et voient disparaître progressivement les références à Harvey Spencer LEWIS. Après tout, les enseignements " Sergistes " ou " Toussainiens " sont peut-être plus utiles à l’humanité que ceux de la Rose-Croix, mais pourquoi ne pas les diffuser comme tels plutôt que de prétendre que l’on diffuse des enseignements traditionnels et authentiques.
(Cf. : 14 articles parus dans le bulletin REFLETS et la revue IMAGINE)
(26 à 30) - (31 à 35) - (36 à 37) - (38 à 39)
Ainsi, mois après mois, le SETI prouva, à ceux qui voulaient bien se donner la peine de lire, que la première raison de son désaccord avec les dirigeants actuels de l’AMORC - la modification des enseignements - était bien avérée. Depuis la suppression de certaines " concordances " trop empreintes de christianisme, jusqu’à la disparition de la " Confessio " du premier Imperator qui était auparavant adressée aux membres de la Hiérarchie Esotérique, en passant par la "cathédrale de l’âme" devenue "Sanctum céleste" tous les documents mis en forme au début du siècle par Harvey Spencer LEWIS ont été profondément remaniés.
Nous avons prouvé la transformation fondamentale des enseignements rosicruciens et les responsables français de l'AMORC, après l'avoir longtemps niée, finissaient par la revendiquer sous la plume du Grand Maître actuel dans un courrier (40) adressé à un de leurs anciens membres aujourd’hui à nos cotés.
Plusieurs revues ou spécialistes des mouvements ésotériques se sont intéressés à la naissance et au développement du SETI. L’hebdomadaire "L’Evènement du Jeudi", le bulletin "Mouvement Religieux", les auteurs Gérard GALTIER ou Charles Frédéric VETRIGNE ont été cités dans cet historique. On peut mentionner aussi la revue " Sciences et Magie " qui dans un numéro consacré à la Rose-Croix a publié un article reproduit sur notre site Internet dans son intégralité intitulé " Le SETI au service de la Rose-Croix : fidélité et audace ". La revue "Mondes Parallèles" a longtemps fait paraître des annonces qui ont permis de mieux faire connaître notre mouvement. La constante dans toutes ces tentatives de clamer la vérité sur notre histoire et de dénoncer ce qui était réellement à l’origine du schisme avec l’AMORC, c’est que tous ces acteurs de la communication ont subi, de façon plus ou moins directe, des pressions de la part de la multinationale de
l’ésotérisme pour qu’ils cessent de s’intéresser au SETI. Ce fut notamment le cas pour les revues susceptibles de publier des encarts publicitaires pour l’AMORC nous avons recueilli des témoignages sur le sujet : " …si vous voulez profiter de notre budget publicité… ". Sur le plan des finances, le SETI n’avait évidemment pas les moyens de lutter, chacun emploie les armes qu’il maîtrise le mieux, c’est bien naturel. Mais d’autres moyens plus subtils ont également été employés, la menace d’un procès en a fait reculer plus d’un, l’affaire GIROUD évoquée précédemment prouve que la réputation d’obsession processive généralement attribuée à ce type d'organisations n'est pas usurpée.
En juin 96 Charles Frédéric VETRIGNE était venu assister à l’assemblée générale du SETI et il en rendait compte dans les colonnes de (41) en novembre 96. Quelques mois plus tard en février 97 ce même Charles Frédéric VETRIGNE se rendait au salon de la marjolaine où était représenté l’AMORC en la personne de la Diffusion Rosicrucienne. Il en rendait compte sans animosité dans le n°202 (42) de la même revue qui se voyait imposer dans son de mai 97 un droit de réponse de l’AMORC. Une fois de plus alors que le SETI n’était en rien responsable des écrits de Charles Frédéric VETRIGNE c’est nous que le responsable juridique de l’AMORC visait clairement en écrivant notamment " …Aucune association ne peut vivre de l’air du temps… prétendre le contraire est un non-sens. Sur ce point certaines associations prétendent à la gratuité, mais font figurer dans leurs statuts une clause d’exclusion pour les membres qui ne participeraient pas à sa vie matérielle… ". C’est bien à notre association que ce nouvel acteur juridique amorquien s’en prenait dans ce droit de réponse. Mais le coup, habilement porté, allait indirectement réduire encore les faibles moyens d’expression du SETI. Depuis, cette date, la revue de l’AEIMR n’a plus rien publié sur notre association. Bernard BLANDRE ou son comité de rédaction ont-ils eu peur des juristes d’Omonville ? En tout cas bien que le Directeur de la publication nous en ait accusé réception, il ne publia pas l’article qui lui fut immédiatement adressé .
Fort heureusement, les membres et sympathisants de notre association purent prendre connaissance de ce texte dans le n° 10 de la revue Imagine paru en novembre 97.
Comme ils ont longtemps nié les modifications apportées aux enseignements mis au point par H. S. LEWIS, les dirigeants de l’AMORC en avaient fait de même pour les perquisitions annoncées par la presse. Dans son bulletin mensuel n° 590 de mars 1998, sous la signature de Serge TOUSSAINT Grand Maître, l’organisation reconnaît officiellement, vis à vis de ses membres ses déboires avec le fisc français. " Depuis plusieurs années, l’AMORC est en contentieux avec l’administration fiscale… " écrit TOUSSAINT, il n’est jamais trop tard pour bien faire, mais tout de même avoir attendu 7 ans pour informer les membres d’une association sur de graves problème de gestion dont le Grand Maître déclare lui-même " …De toute évidence, cette procédure n’a pas d’autres buts que d’imposer notre ordre au maximum, voire même de le mettre dans une situation financière qui l’obligerait à cesser ses activités… ", c’est un comportement pour le moins désinvolte envers les adhérents. Cette attitude est d’autant plus inadmissible que pendant des années les mêmes dirigeants ont dénoncé en paroles et par écrit les " mensonges et les calomnies " de ceux qui ne faisaient que leur devoir d’information envers des membres. Ces derniers, bien évidemment, ignorant tout de ce qui se tramait dans les coulisses de leur association. Au passage le Grand Maître en profite pour porter une attaque indirecte et sournoise au Président fondateur du SETI en prétendant " …Suite à un contrôle…qui fut très probablement ordonné après une intervention effectuée par un membre radié quelque temps plus tôt pour des raisons graves… ". Encore et toujours les allusions perfides et mensongères, distillées habilement vers les membres, pour faire apparaître les fondateurs du SETI comme de minables délateurs ayant pour mobile une amère vengeance. La vérité est tout autre. Si les fondateurs du SETI ont été tenus informés de ce qui se passait sur ce plan, et n’ont pas manqué de répercuter ce qu’ils savaient vers leurs anciens compagnons de route, ils ne sont en rien responsables d’un contrôle fiscal dont l’initiative fut probablement prise par un fonctionnaire des services fiscaux membre de l’AMORC qui s’interrogeait déjà en 1988, et à l’évidence légitimement, sur les dérives mercantiles de l’Association.
Le SETI, devenu Cénacle de la Rose-Croix sous la Présidence de WITZ J-N, va réagir à nouveau dans un article signé de son Comité Directeur. Sous un titre à la forme interrogative, , l’auteur fait une analyse critique du texte de TOUSSAINT, démontrant ainsi le véritable but poursuivi par cette confession tardive : justifier une augmentation de 15% des cotisations. Voilà le vrai visage des dirigeants d'une association qui quelques mois plus tard sera identifiée comme " secte " dans le dernier rapport parlementaire sur le sujet. Juste retour des choses pour TOUSSAINT qui n’a pas hésité à venir, en février 98 à Limoges, traiter le Cénacle de la Rose-Croix " de groupuscule sectaire animé par un Gourou ". Lors de cette conférence publique pour laquelle il s’était offert un service d’ordre musclé, il avait nié tout conflit avec quelque autorité civile que se soit, présentant comme une rumeur les échos des déboires fiscaux
de l’AMORC, alors qu’il allait l’avouer un mois plus tard aux membres.
Comment les rosicruciens sincères et informés peuvent-ils encore accorder la confiance que leur chef, pour la communauté francophone, leur réclamait encore récemment dans son message de septembre 99 ?