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Il se murmure parmi les proches du fondateur du CIRCES, Raymond BERNARD ancien grand Maître et légat suprême de l’AMORC, que ce dernier a fondé cette organisation dissidente parce qu’il était en désaccord avec les orientations imposées par l’épouse et le proche conseiller (aujourd’hui Grand Maître ) de son fils. Les dirigeants de la région Poitou-Charentes qui veulent garder l’espoir se raccrochent à cette hypothèse et décident de rencontrer le Président du CIRCES. Ils obtiennent, sans difficulté, un rendez-vous pour le 6 décembre 89.
Le jour venu, ils se rendent au siège du CIRCES 22 rue Beaunier, et là dans le somptueux bureau de Raymond BERNARD, joyau de l’immeuble luxueux d’une organisation naissante, ils échangent pendant près de deux heures sur l’histoire et l’avenir du rosicrucianisme. L’ancien dignitaire de l’AMORC confirme toutes les craintes des responsables limougeauds : " le Grand Maître (son fils) n’y est pour rien. C’est une pauvre victime manipulée par sa femme et son proche conseiller, il faut l’aider ". Il ajoute à la confusion de ses hôtes, en leur remettant une pile de lettres de membres américains de la " Hiérarchie Esotérique " (membres ayant atteint le douzième degré des enseignements), qui accusent l’Imperator Gary L. STEWART de malversations financières et de modification des enseignements rosicruciens originaux.
Le Grand Conseiller et les deux Moniteurs Régionaux repartent convaincus qu’il faut réagir, ils ne peuvent pas cautionner de tels agissements dont ils ont sinon les preuves du moins l’intime conviction. Ils décident de réunir, sans plus attendre à Limoges, les membres de la Hiérarchie Esotérique de la région et les Officiers de la Loge de Limoges. Les faits sont exposés, et les membres présents mandatent leur Grand Conseiller pour qu’il contacte le Grand Maître, obtienne de sa part des éclaircissements sur ce qui se passe à San José siège mondial de l’organisation et l’assurent du soutien de la région pour reprendre le contrôle d’une situation qui semble lui échapper.
Jean Pierre JULY va respecter la parole donnée aux membres, mais au fond de lui-même il a la certitude que cette ultime démarche sera vaine.
DDébut janvier 90, au cours d’une conversation téléphonique, le Grand Conseiller de Poitou Charentes présente ses vœux au grand maître et cherche à obtenir des réponses aux questions que se posent maintenant de nombreux rosicruciens. En guise d’éclaircissements, Christian BERNARD se refuse à toute discussion sur un sujet qui " ne regarde, affirme-t-il, ni les membres, ni les Grands Conseillers ", il se dit par ailleurs, bien informé des agissements de Gary Stewart mais n’en paraît pas ému le moins du monde en déclarant de façon péremptoire " …C’est lui l’Imperator, cela ne regarde que sa conscience ". Les deux hommes conversent pendant prés d’une heure au téléphone, cet échange qui marque la fin de leur collaboration au service de l’AMORC, ne fera qu’accroître le malaise intérieur de Jean Pierre JULY qui fait part au Grand Maître de sa volonté de démissionner de ses fonctions : " Si pour servir mes idéaux, je dois y renoncer, je préfère abandonner ma fonction de Grand Conseiller " dit-il à Christian BERNARD. Ce dernier ne cherche même pas à l’en dissuader : " c’est ce que tu as de mieux à faire ". Il a compris que le point de non-retour était atteint.
Cette démission (6) est adressée au Grand Maître le 21 janvier 90. Elle intervient au soir d’une réunion régionale qui s’est déroulée dans les locaux de la Loge de Limoges, car le Grand Conseiller a tenu à faire part à l’ensemble des officiers de la région de son désaccord avec les nouvelles orientations de l’AMORC. Ce jour là, sans entrer dans les détails il fustige le mercantilisme et la modification des enseignements originaux dont il a maintenant la preuve. Il annonce sa décision de démissionner de ses fonctions tout en restant membre dans l’espoir de faire évoluer les choses de l’intérieur. Il est soutenu par les trois Moniteurs Régionaux de Poitou Charentes et de nombreux officiers des organismes de la région qui accomplissent la même démarche.
Les événements vont ensuite se précipiter ; convoqués en assemblée générale par un représentant de la Grande Loge, les membres de la Loge de Limoges refusent de reprendre les fonctions d’officiers avant d’avoir une explication avec Christian BERNARD. Ce dernier répond à cette demande de dialogue par l’exclusion inique de tout le Comité Directeur de la Convention 89 par le biais d’une seule et même (7). Cette missive qui révèle tant par le fond que par la forme la bassesse de son auteur est habilement adressée pour information à tous les Grands Conseillers et Moniteurs Régionaux des pays de langue française, dans le but clairement affiché de nuire aux exclus. Les femmes et les enfants de tous les responsables sont également radiés de fait, sans la moindre explication, puisqu’ils cessent de recevoir les enseignements alors qu’ils sont à jour de cotisations. Jean Pierre JULY répond par une afin que les destinataires " pour information " de la prose infamante de BERNARD prennent connaissance de sa version des faits.
Dans les jours qui suivent les anciens responsables de Poitou-Charentes rencontrent les rosicruciens limougeauds pour les remercier de leur soutien moral et leur suggèrent d’en rester là. Les exclus ne revendiquent rien, ils poursuivront individuellement leur quête. Mais les membres de la Loge de Limoges font preuve d’une solidarité sans faille et d’une volonté insoupçonnée jusqu’alors : ils suggèrent de créer une association pour préserver ce qui doit l’être. La fermeture autoritaire du local et la confiscation arbitraire des biens de la Loge (avoirs bancaires et meubles) vont les conforter dans leur projet. En effet, le 5 mars l’AMORC envoie une équipe de " déménageurs " qui sous couvert d’un huissier de justice (Les statuts de toutes les associations locales mentionnent Christian BERNARD comme Président et sa femme comme secrétaire) forcent les portes des locaux de la Loge Cornélius Agrippa et raflent tous les meubles et accessoires, patiemment accumulés par les rosicruciens limougeauds depuis des années. Les membres spoliés de la Loge de Limoges,
écœurés par de tels procédés démissionnent en masse, suivis par de nombreux membres de la région.
Dans cette épreuve, ils décident de rester unis pour poursuivre leur quête rosicrucienne et fondent ensemble le S.E.T.I. qui se fixe pour but la Sauvegarde des Enseignements Traditionnels et Initiatiques.
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